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Rencontre avec Vanessa Juge « Beaucoup moins de parents hésitent à envoyer leurs filles au foot »

8 novembre 2018 - 22:17

Vanessa, peux-tu te présenter ?

J’ai 37 ans, j’ai débuté le foot à l’âge de 7 ans au club d’Oradour-sur-Vayres en Haute-Vienne. Rentrée en 4e à la section sportive Calmette à Limoges. Arrivée à Landouge qui créé sa section féminine à l’âge de 14 ans, accession perpétuelle jusqu’en D2 (2 saisons) et, en 2005, prise de fonction à la LCO en tant que CATRF. En termes de sélection, j’ai juste 1 coupe nationale en U16 à mon actif.


Peux-tu nous expliquer tes fonctions à la ligue Nouvelle-Aquitaine & à la FFF ?

-  CTR DAP : coordination des CTD DAP, développement des pratiques jeunes (garçons et filles), suivi, développement, promotion des labels (Jeunes, EFF et Seniors)…

-  Au niveau FFF : entraineur GB de sélections nationales (U16, U17, U18 et U19 la saison dernière) + Référente nationale du label jeunes.


Ton regard sur l’évolution du football féminin depuis tes débuts en 2006 à la ligue du Centre Ouest (ex : Nouvelle-Aquitaine) ?

Attention c’est depuis 2005 à la LFNA ex LCO... Grosse évolution en nombre de licenciées mais surtout en nombre de structures qui encadrent les jeunes filles et notamment les EFF, qui sont selon moi le meilleur moyen de se développer. Avec le développement du nombre d’EFF, il y a, de fait, une très grosse augmentation du nombre d’équipes engagées dans les compétitions que nous avons créées. Le secteur Nord était en avance sur le Sud, mais les districts du Sud ont pris le projet de développement à bras-le-corps et vont rapidement rattraper ce retard. L’objectif est que toutes les jeunes filles, peu importe leur âge et leur situation
géographique, puissent jouer entre filles et contre des filles.


Le football féminin en Nouvelle-Aquitaine (licenciées, manifestations...) ?

Près de 12 000 licenciées joueuses la saison dernière, ce chiffre devrait être en nette progression cette saison. Des manifestations dans tous les districts avec, entre autre, la journée de rentrée féminine et une journée de fin de saison. Un projet lié à la coupe du monde 2018 est en cours de conception.


Il y a de plus en plus de licenciées féminines en Nouvelle-Aquitaine, mais nous constatons toujours des équipes seniors sans effectifs suffisants qui sont obligés de déclarer forfait, ne faudrait-il pas se concentrer sur 2 ou 3 équipes par département et les alimenter par les clubs alentours ? Est-ce qu’il y a des travaux en ce sens ?


Bien souvent, ces clubs qui déclarent régulièrement forfait n’ont pas d’EFF au sein de leur club et ne peuvent donc pas alimenter leur équipe Senior. Il n’y a pas de travaux dans ce sens car les EFF vont au fur et à mesure régler en partie ce problème
Vendredi 5 octobre, le stade Geoffroy Guichard accueille l’équipe de France de football qui rencontrera l’Australie en match de préparation, plus de 23 000 places et seulement 8 000 billets vendus à 4 jours du match. Est-ce que tu penses comme Laura Georges (ex inter. Française) que les Français  « doivent se dire qu’ils supportent la France, sans se dire que ce sont les filles ou les garçons. Se dire qu’on est fiers d’être Français, qu’une équipe va jouer la Coupe du Monde à la maison, qu’on vient
supporter notre équipe nationale » 

Quels outils pour faire évoluer les mentalités aujourd’hui ?

Les mentalités ont complètement évolué depuis ces dernières saisons. Si on revient ne serait-ce que quelques saisons en arrière, ce même match aurait vendu beaucoup moins de places... les commentaires sur le bord du terrain sont vraiment différents, beaucoup moins de parents hésitent à envoyer leurs filles au foot. Donc même si on en veut toujours plus, si on regarde dans le rétroviseur, l’évolution est importante.


Quels avantages attendus avec La réception en France de la Coupe du Monde Féminine 2019 ?

Une grosse augmentation du nombre de licenciées et du nombre de clubs voulant ouvrir une EFF.
Dernièrement, Marinette Pichon était à Poitiers pour aborder le sujet tabou de l’homosexualité dans le foot féminin et dans le monde du sport tout simplement. La ligue met elle en place des ateliers pour aborder ce sujet dans les clubs ? Non, on n’en a jamais parlé.


Tes souhaits pour les 10 ans à venir ?

Une pratique harmonieuse, diversifiée et qui colle aux aspirations des jeunes garçons et filles.
  

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